Voici ce qui a occupé mes jours et mes nuits pendant près d'un mois ...
J'étais tellement investie dans ce manteau (mon tout premier!) qu'il m'arrivait même d'y penser la nuit ... passion couture quand tu nous tiens!
Il s'agit du "Cascade Duffle-coat" de Grainline Studio. Pour ce premier manteau, j'avais absolument besoin qu'on me tienne la main, j'ai donc fait le tour des patrons indépendants de manteaux sur le net et retenu celui-ci pour les raisons suivantes :
- il était vendu avec des explications très détaillées (un des meilleurs "sew-along" que j'ai eu l'occasion de tester jusqu'à présent)
- il était doté d'une capuche
- il se fermait au moyen d'une fermeture éclair, dissimulée par des pattes et sous-pattes
Comme le montre le schéma ci-dessous, ce duffle-coat comporte de nombreuses découpes. Mon tissu étant suffisamment compliqué à raccorder, j'ai préféré couper mon devant et mon dos d'un seul tenant. Dans le modèle initial, les empiècements supérieurs du devant et du dos viennent se raccorder à la couture du dessous des manches : un joli détail qui malheureusement ne se voit que lorsqu'on utilise un tissu uni.
Ce duffle-coat, c'est un peu mon "Everest" : jamais auparavant, je n'avais consacré autant de temps et d'attention à un vêtement. Rien que la coupe a mobilisé ma table de salon pendant 2 jours entiers! Sans parler des 89 pages du pdf à assembler, des nombreuses pièces à entoiler ...
Pour mener à bien ce projet, il faut donc du temps mais aussi de l'organisation, pour ne pas se perdre parmi la quarantaine de pièces à assembler. Pour le reste ... il suffit de suivre les explications et d'exécuter chaque étape dans l'ordre requis.
Le patron taille bien et je n'ai fait que quelques légères modifications :
- Remplacement des poches plaquées par des poches passepoilées simples, ma tentative de poches plaquées s'étant soldée par un échec (poches pas droites et mal raccordées au reste!)
- Elargissement des manches et emmanchures pour plus de confort
Ces sacrées emmanchures m'ont d'ailleurs causé beaucoup de soucis ... Il faut dire que j'ai pris le risque de doubler entièrement mon manteau avec de la micro-polaire achetée chez Mondial T. Au niveau des manches, j'ai en plus rajouté une doublure classique afin de faciliter l'enfilage : deux épaisseurs sont venues se rajouter à cet endroit. Moi qui aime être au large au niveau des bras, j'ai donc rogné sur mes marges de couture pour élargir au maximum. D'autre part, j'ai eu quelques incompréhensions au moment du montage : ces manches sont en deux parties et, malgré les schémas, je ne suis pas certaine de les avoir assemblées correctement.

Si c'était à refaire, j'agrandirais les manches et emmanchures pour plus de confort. Cela dit, si votre tissu n'est pas très épais et que vous utilisez une doublure classique, je pense que les emmanchures sont prévues en conséquence. A ce sujet, je précise que la longueur des manches est prévue assez juste. Si vous avez de longs bras, veillez à rallonger le patron au préalable pour ne pas vous retrouver les poignets à l'air.
L'un des points dont je suis le plus fière, c'est la pose de la fermeture éclair et des pattes et sous-pattes. Je me suis appliquée comme jamais pour arriver à tout faire coïncider au millimètre près!
"Un travail bien préparé est à moitié terminé" (devise que me répétaient mes parents lorsque j'ai démarré la couture). Chaque pièce a été bâtie à la main, puis vérifiée avant de passer sous le pied de biche. Au final, c'est un gain de temps car on n'a pas à revenir dessus.
Abordons maintenant le 2ème point qui m'a provoqué des sueurs froides et sur lequel j'ai encore une bonne marge de progression à faire : la doublure.
Là encore, ce fût une première fois pour moi puisque je ne connaissais pas cette technique du "bagging", qui consiste à monter entièrement la doublure à la machine, endroit contre endroit, y compris les manches. Le retournement du manteau se fait ensuite par le biais d'une ouverture réalisé dans la doublure de l'une des manches. C'est une méthode un peu étrange ... regardez plutôt le bazar juste avant l'assemblage ...
C'est l'étape où les épaisseurs sont les plus importantes et où la couture à la machine est la plus périlleuse.
Je n'ai vraiment pas aimé ce montage "à l'aveugle" car j'avais l'impression de n'avoir aucun contrôle : je ne voyais pas où je piquais, je ne comprenais pas ce que j'assemblais ... Bref, un mauvais souvenir qui heureusement s'est vite évanoui devant la satisfaction de retourner le vêtement et de le voir enfin terminé!
Ce duffle-coat est loin d'être parfait mais il est mettable et c'est le principal.
J'ai très envie de le refaire, mais dans un tissu uni, cette fois-ci, afin de mettre en valeur les jolies découpes. Là ou j'aimerais progresser, c'est sur la finition du bas du manteau. L'ourlet du bas gondole légèrement, je ne suis pas arrivée à bien l'aplatir. C'est un défaut que je remarque souvent sur les vêtements fait-main mais je ne sais pas d'où ça vient. Est-ce la doublure qui est mal posée, les marges de coutures de la parementure du bas qui font trop de volume? Si vous en savez plus, n'hésitez pas à me le faire savoir ...
$$$ Fournitures $$$$ :
Patron Cascade duffle coat de Grainline: 13,20 € en pdf
2,20 m de tissu (92% polyester / 8% laine vierge) à 6,50 €/m
1,80 m de micro-polaire à 5,99 €/m
1 m de doublure du stock
4 brandebourgs à 2,50 €/pc
1 fermeture éclair séparable à 2,99 €
Soit un budget total d'une cinquantaine d'euros.