Libellés

vendredi 15 avril 2016

Gilet rétro Phildar n°107

Lorsque j'ai feuilleté le très joli catalogue n°107 de Phildar "Spécial Expertes", j'ai de suite été intriguée par la réalisation de ce gilet à motifs géométriques.






Certes, le modèle me plaisait mais c'est avant tout l'aspect technique du projet qui m'a convaincue de me lancer. Cela ne fait que quelques mois que j'ai commencé l'apprentissage du jacquard. Je me suis d'abord lancée dans un bonnet à motif de caribous, pas parfaitement réussi mais dont la réalisation m'a permis d'apprendre à tricoter en rond en faisant suivre proprement le fil derrière (Fair Isle ou jacquard tissé).


Le jacquard présente l'intérêt de pouvoir réaliser des motifs et de jouer avec les couleurs. Ce qui me plait moins dans cette technique ce sont les finitions qu'on obtient sur l'envers du travail : lorsqu'on fait suivre le fil derrière tout au long de l'ouvrage, on se retrouve avec un envers chargé en fils et un tricot plus épais que la normale.



L'avantage de ce modèle, c'est qu'il n'est pas question de tricoter en double épaisseur puiqu'il s'agit d'une alternance de rayures noires et blanches, sur lesquelles on fait glisser, de temps à autre, une maille du rang du dessous sans la tricoter. Le rang du dessous étant de couleur différente, on obtient ainsi une maille d'une autre couleur et peu à peu des losanges se forment.



Comme dans tout tricot, ce sont les débuts qui sont le plus difficile. Il faut d'abord passer le cap du bord côte de 10 cm de long, en aiguilles 3. 



Et ce n'est qu'après cette étape longue et pas très marrante qu'on attaque enfin la partie la plus intéressante : les losanges! Ce gilet est tricoté d'une seule pièce en allers-retours jusqu'aux emmanchures : on tricote en même temps les demi-devants et le dos, il ne faut donc pas craindre les rangs de plus de 200 mailles.




 L'ouvrage se corse lorsqu'on attaque les diminutions des raglans puisqu'il faut reconstituer les losanges.



 J'ai eu beaucoup de plaisir à tricoter ce gilet : c'était tellement jubilatoire de voir se dessiner tous ces losanges! Le rendu lui confère un aspect "tissu", j'avais d'ailleurs l'impression de réaliser un tissage en le faisant.




Il n'y a pas de bande de boutonnage rapportée mais il faut coudre des ganses et des boutons le long des bords qui roulottent (normal puisqu'il s'agit d'un point jersey). Au début, j'avais peur que cela manque de finition mais, au final, je trouve que le résultat est sympa (et en plus, comme je déteste l'étape du relevage des mailles pour coudre cette bande, cela m'a arrangée!)





En conclusion, je suis très satisfaite de ce modèle : il taille bien et il est parfait pour la demi-saison. J'ai utilisé qualité Cabotine (coton/acrylique) préconisée par Phildar, un fil très agréable à tricoter.

Au niveau du style, je ne trouve pas qu'il fasse particulièrement rétro. Au contraire, je le trouve plutôt moderne avec ces motifs géométriques noirs et blancs qui sont très en vogue ce printemps.






lundi 7 mars 2016

Encore une chemise : la Granville shirt

Je ne sais pas vous mais, moi, j'ai une addiction pour les chemises, ou plus précisément pour leur confection. J'adore coudre des chemises : pour homme, pour femme, je crois que j'en ai cousu pas loin d'une dizaine à mon entourage !

Aujourd'hui, je vous présente la Granville Shirt de Sewaholic.


 


Il s'agit d'un chemisier de coupe ajustée, qui combine un devant simple, avec pinces de poitrine, et des découpes princesses dans le dos. Si vous êtes cambrée comme moi, ces découpes sont parfaites pour corriger une cambrure trop prononcée.





Les explications sont très détaillées et désormais disponibles en français. J'ai particulièrement apprécié la méthode proposée pour le montage du col et du pied de col. Plutôt que de coudre le pied de col au col et de monter le tout sur l'encolure, on commence par coudre d'abord les deux pièces du pied de col à l'encolure puis ensuite on insère le col à l'intérieur. Cette technique permet d'obtenir un meilleur alignement des extrémités du pied de col sur le bord des milieux devant ainsi qu'un plus bel arrondi.
 

Je ne maîtrise pas encore parfaitement cette technique mais je la réutiliserai, c'est certain, car elle donne une plus jolie finition. Malheureusement mon col n'est pas parfaitement symétrique, j'ai du faire une bêtise quelque part ...

 
 
Autre point technique intéressant : le montage de l'empiècement dos : là encore la méthode proposée diffère de la méthode traditionnelle et elle est particulièrement astucieuse. Difficile de vous expliquer avec quelques phrases en quoi elle consiste mais elle est simple à mettre en œuvre et donne une finition très propre, sans couture apparente.
 
 
Je n'ai fait que très peu d'ajustements par rapport au patron original. J'ai surtout modifié le dos qui, étrangement, était trop large (alors que le devant allait parfaitement). A noter que les manches sont démesurément longues : j'ai supprimé 7 cm!
 
.




 J'avais lu, dans certains blogs, que les manches étaient prévues un peu serrées. Il est vrai qu'elles sont ajustées, tout comme le reste du chemisier d'ailleurs, mais je n'ai pas jugé nécessaire de devoir les élargir.



En conclusion, je dirais que j'ai appris plusieurs nouvelles techniques en cousant ce chemisier, ce qui a rendu sa réalisation particulièrement intéressante et enrichissante.

mercredi 2 mars 2016

Le Cascade Duffle coat

Voici ce qui a occupé mes jours et mes nuits pendant près d'un mois ...


J'étais tellement investie dans ce manteau (mon tout premier!) qu'il m'arrivait même d'y penser la nuit ... passion couture quand tu nous tiens!


Il s'agit du "Cascade Duffle-coat" de Grainline Studio. Pour ce premier manteau, j'avais absolument besoin qu'on me tienne la main, j'ai donc fait le tour des patrons indépendants de manteaux sur le net et retenu celui-ci pour les raisons suivantes :

  • il était vendu avec des explications très détaillées (un des meilleurs "sew-along" que j'ai eu l'occasion de tester jusqu'à présent)
  • il était doté d'une capuche
  • il se fermait au moyen d'une fermeture éclair, dissimulée par des pattes et sous-pattes

Comme le montre le schéma ci-dessous,  ce duffle-coat comporte de nombreuses découpes. Mon tissu étant suffisamment compliqué à raccorder, j'ai préféré couper mon devant et mon dos d'un seul tenant. Dans le modèle initial, les empiècements supérieurs du devant et du dos viennent se raccorder à la couture du dessous des manches : un joli détail qui malheureusement ne se voit que lorsqu'on utilise un tissu uni.

Ce duffle-coat, c'est un peu mon "Everest" : jamais auparavant, je n'avais consacré autant de temps et d'attention à un vêtement. Rien que la coupe a mobilisé ma table de salon pendant 2 jours entiers! Sans parler des 89 pages du pdf à assembler, des nombreuses pièces à entoiler ...


Pour mener à bien ce projet, il faut donc du temps mais aussi de l'organisation, pour ne pas se perdre parmi la quarantaine de pièces à assembler. Pour le reste ... il suffit de suivre les explications et d'exécuter chaque étape dans l'ordre requis.



Le patron taille bien et je n'ai fait que quelques légères modifications :
  • Remplacement des poches plaquées par des poches passepoilées simples, ma tentative de poches plaquées s'étant soldée par un échec (poches pas droites et mal raccordées au reste!)
  • Elargissement des manches et emmanchures pour plus de confort

Ces sacrées emmanchures m'ont d'ailleurs causé beaucoup de soucis ... Il faut dire que j'ai pris le risque de doubler entièrement mon manteau avec de la micro-polaire achetée chez Mondial T. Au niveau des manches, j'ai en plus rajouté une doublure classique afin de faciliter l'enfilage : deux épaisseurs sont venues se rajouter à cet endroit. Moi qui aime être au large au niveau des bras, j'ai donc rogné sur mes marges de couture pour élargir au maximum. D'autre part, j'ai eu quelques incompréhensions au moment du montage : ces manches sont en deux parties et, malgré les schémas, je ne suis pas certaine de les avoir assemblées correctement.


Si c'était à refaire, j'agrandirais les manches et emmanchures pour plus de confort.  Cela dit, si votre tissu n'est pas très épais et que vous utilisez une doublure classique, je pense que les emmanchures sont prévues en conséquence. A ce sujet, je précise que la longueur des manches est prévue assez juste. Si vous avez de longs bras, veillez à rallonger le patron au préalable pour ne pas vous retrouver les poignets à l'air.


L'un des points dont je suis le plus fière, c'est la pose de la fermeture éclair et des pattes et sous-pattes. Je me suis appliquée comme jamais pour arriver à tout faire coïncider au millimètre près!



"Un travail bien préparé est à moitié terminé" (devise que me répétaient mes parents lorsque j'ai démarré la couture). Chaque pièce a été bâtie à la main, puis vérifiée avant de passer sous le pied de biche. Au final, c'est un gain de temps car on n'a pas à revenir dessus.


Abordons maintenant le 2ème point qui m'a provoqué des sueurs froides et sur lequel j'ai encore une bonne marge de progression à faire : la doublure.



Là encore, ce fût une première fois pour moi puisque je ne connaissais pas cette technique du "bagging", qui consiste à monter entièrement la doublure à la machine, endroit contre endroit, y compris les manches. Le retournement du manteau se fait ensuite par le biais d'une ouverture réalisé dans la doublure de l'une des manches. C'est une méthode un peu étrange ... regardez plutôt le bazar juste avant l'assemblage ...


C'est l'étape où les épaisseurs sont les plus importantes et où la couture à la machine est la plus périlleuse.


Je n'ai vraiment pas aimé ce montage "à l'aveugle" car j'avais l'impression de n'avoir aucun contrôle : je ne voyais pas où je piquais, je ne comprenais pas ce que j'assemblais ... Bref, un mauvais souvenir qui heureusement s'est vite évanoui devant la satisfaction de retourner le vêtement et de le voir enfin terminé!




Ce duffle-coat est loin d'être parfait mais il est mettable et c'est le principal.
J'ai très envie de le refaire, mais dans un tissu uni, cette fois-ci, afin de mettre en valeur les jolies découpes. Là ou j'aimerais progresser, c'est sur la finition du bas du manteau. L'ourlet du bas gondole légèrement, je ne suis pas arrivée à bien l'aplatir. C'est un défaut que je remarque souvent sur les vêtements fait-main mais je ne sais pas d'où ça vient. Est-ce la doublure qui est mal posée, les marges de coutures de la parementure du bas qui font trop de volume? Si vous en savez plus, n'hésitez pas à me le faire savoir ...



     $$$    Fournitures   $$$$ :
Patron Cascade duffle coat de Grainline: 13,20 € en pdf
2,20 m de tissu (92% polyester / 8% laine vierge) à 6,50 €/m
1,80 m de micro-polaire à 5,99 €/m
1 m de doublure du stock
4 brandebourgs à 2,50 €/pc
1 fermeture éclair séparable à 2,99 €
Soit un budget total d'une cinquantaine d'euros.

dimanche 14 février 2016

Robe Burda années 60

Aujourd'hui, je vous propose de faire un retour aux années 60, grâce à cette robe issue du Burda hors série "vintage", automne/hiver 2015.



Il s'agit de la robe de jeune fille "Patti", dont le patron original date de 1966. En effet, Burda a eu la bonne idée de sortir un hors série uniquement à base de patrons originaux datant des années 60.








  Cette robe est ornée d'un joli col Claudine, détail typique des années 60, et se distingue par sa taille haute, son buste court boutonné et ses larges poignets contrastants. Je me suis inspirée de la photo du magazine en choisissant un tissu très fluide (viscose achetée chez Fleur de Tissu) à motif graphique. Le haut a été coupé dans le biais mais le tissu est tellement chargé qu'on remarque à peine la découpe.

 
Cette robe semble assez simple à réaliser mais elle demande tout de même pas mal de temps et d'application. 

En effet, celle-ci comporte pas moins de 8 pinces! Deux pinces poitrine verticales, auxquelles viennent se raccorder deux autres longues pinces sur le bas de la jupe devant.



Le dos, quant à lui, n'est pas coupé à la taille et comporte également deux jeux de pinces : au niveau des épaules  et le long du dos. Il comporte une couture au milieu du dos, la fermeture se faisant par une fermeture éclair invisible placée sur le côté.




En voyant toutes ces pinces, en particulier celles qui se prolongent jusqu'au bas du ventre et des fesses, j'ai eu quelques craintes car j'avais peur d'obtenir une robe moulante. En fait, pas du tout! Cette robe est très fluide et les pinces savent se faire discrètes : elles soulignent sans pour autant faire ressortir les reliefs disgracieux.

Le résultat, c'est donc une robe hyper confortable


Point très important si vous souhaitez vous lancer dans ce modèle : ce patron taille petit! C'est bien la première fois que j'écris cela au sujet d'un patron Burda! Je fais normalement une taille 34 mais ici j'ai utilisé la taille 36. Je n'ai apporté aucune modification majeure, juste un petit ajustement au niveau de la largeur des épaules, comme j'ai l'habitude de le faire.



Le col Claudine a pour particularité d'être plutôt grand et assez loin du cou. J'ai été obligée de le recouper car il n'était pas suffisamment long par rapport à l'encolure.




J'ai remplacé les poignets mousquetaires par des poignets classiques, plus faciles à porter sous un gilet ou une veste.



Au final, cette robe me plait beaucoup : fluide, colorée, confortable ... Je lui trouve un petit côté rétro sans pour autant faire démodé (enfin, j'espère!)





lundi 1 février 2016

Gilet Acorn Trail

C'est avec un nouveau tricot que j'inaugure cette nouvelle année. Il était bien temps que je vous montre ce gilet, terminé fin octobre et relativement peu porté pour cause de réchauffement climatique. La douceur inhabituelle de cet hiver n'est décidément pas une bonne nouvelle pour les tricoteuses!



Il s'agit du modèle "Acorn Trail" de la créatrice américaine Amy Herzog, célèbre pour avoir mis au point un logiciel permettant de tricoter les modèles qu'elle conçoit à ses propres mensurations.


Derrière ce nom un peu barbare, se cache un gilet ajusté, dont les magnifiques points de dentelle ont de suite fait craquer la tricoteuse en mal d'aventure qui sommeillait en moi.


Le dos est particulièrement travaillé avec une succession de trois motifs différents, dont la fameuse torsade centrale qui fait office de "colonne vertébrale".




Certes, ce modèle nécessite une certaine concentration mais il n'est pas aussi difficile qu'il n'y paraît. Les explications (9 pages quand même!) sont claires et détaillées. Je me suis d'ailleurs relativement peu trompée et j'ai très peu défait, d'où une progression assez constante. Ce gilet m'aura quand même occupée pendant 3 mois ... je vous laisse donc imaginer la joie d'arriver à l'étape ultime de l'assemblage et du blocage.



Après avoir tricoté plusieurs ouvrages en rond et d'une seule pièce, j'étais contente de changer un peu de technique et de revenir à la bonne vieille méthode du tricot en plusieurs pièces à assembler.





Pour ce projet d'envergure, j'ai cassé ma tirelire en choisissant la magnifique qualité "Aubusson" de chez Fonty. J'avais déjà tricoté cette laine précédemment et je voulais absolument investir dans un fil de qualité pour ce gilet. "Aubusson" est une qualité 100% laine, qui donne un tricot très chaud et particulièrement régulier. Je vous la conseille tout particulièrement.


  • Patron Acorn Trail d'Amy Herzog
  • Aiguilles 4.5
  • Laine Aubusson de Fonty (10 pelotes exactement pour la taille 88)
  • Boutons achetés au marché
  • Budget total : environ 50 euros